Pour une CGT féministe, combative et revendicative

Répression Syndicale : la justice dit non à Monoprix !

Par une ordonnance du 26 février 2026, le tribunal judiciaire de Nanterre a annulé l’assignation engagée par la direction de Monoprix contre notre camarade Alain Tsamas pour des publications sur les réseaux sociaux.

Malgré cette victoire, il nous faut veiller aux conditions de travail des salarié·es de cette enseigne. La direction de Monoprix, a d’ores et déjà annoncé la fermeture des magasins de Porte de Châtillon et du Cnit La Défense.

Encore une fois ce sont les salarié·es qui vont en payer le prix. La direction pour l’instant ne s’engage sur rien. Que vont devenir les salarié·e·s ? Pour l’heure, si le magasin ferme, il y a un manque de visibilité sur les postes réellement disponibles au sein du groupe Casino, une incertitude sur les lieux possibles d’affectation. Qu’en est-il des contrats de travail actuels ? quelles mesures d’accompagnement sont envisagées ?  la direction ne répond rien.

La CGT déplore qu’encore une fois, pour d’hypothétiques économies, pour des dividendes encore plus importants, les salarié·es sont la variable d’ajustement et ne représentent que des chiffres et des coûts sur un bilan comptable.

Sur Monoprix, tout laisse à penser qu’il s’agirait, dans les faits, d’un plan de suppression d’emplois déguisé, contournant les garanties qu’impose un véritable Plan de Sauvegarde de l’Emploi.

La CGT exige :

✔ Le maintien du magasin à Malakoff

✔ La préservation de tous les emplois

✔ La transparence totale sur les intentions du groupe Casino

✔ Le respect des instances représentatives du personnel

✔ L’ouverture d’une discussion formelle avec l’ensemble des parties concernées

En décembre dernier, la CGT a mis à jour sa « liste noire », qui dénombre désormais près de 500 plans sociaux (PSE) en cours en France, avec plus de 100 000 emplois menacés. Beaucoup de ces plans sociaux concernent l’industrie, mais il y aussi un très grand nombre de sociétés qui dépendent des commerces et services parmi lesquelles des enseignes de grande distribution comme Casino, Alinea, Carrefour, Auchan ou encore de services comme Louvres Hotels, ou les restaurants Vapiano.

Cette casse sociale n’est pas le fruit du hasard, mais celui de la politique capitaliste poursuivie par le gouvernement. Et le chiffre ne cesse de grossir. Par exemple, rien que sur le premier trimestre 2025, on dénombrait une hausse de 32 % de PSE par rapport à la même période en 2024. Derrière les statistiques, ce sont des dizaines de milliers de vies livrées au chômage et à la précarité, et des bassins d’emplois entiers plongés dans l’incertitude, avec un sentiment d’abandon qui renforce la fracture sociale. Dans le même temps, les dividendes ont explosé : les plus grosses entreprises françaises ont distribué 98,2 milliards d’euros en dividendes et rachats d’actions, soit un nouveau record après celui de 2024 qui était de 97,2 milliards.

Cette multiplication des plans sociaux est facilitée par l’érosion du droit du travail à l’œuvre depuis plus d’une décennie. Les réformes successives ont affaibli le pouvoir de négociation des travailleurs, laissant la main libre à des entreprises arrosées d’aides publiques sans contreparties.  Aucun contrôle n’est exercé sur les motifs des plans sociaux par l’administration.

La CGT revendique, entre autres :

  • Le conditionnement strict des aides publiques au maintien de l’emploi comme à des critères écologiques et sociaux, et à leur remboursement en cas de licenciement, Pour rappel c’est plus de 211 milliards d’aides qui ont été alloués aux entreprises
  • Le contrôle renforcé des plans sociaux, avec des sanctions pour les entreprises ne respectant pas leurs obligations
  • Le renforcement du rôle des CSE, avec un pouvoir d’approbation sur les plans sociaux et l’élargissement des obligations d’information et de financement par l’employeur

Aujourd’hui c’est Monoprix, et demain ?

Aujourd’hui c’est le Groupe Casino qui décide de fermer le magasin de la Porte de Châtillon et dans le même temps l’annonce a été faite de la fermeture prochaine du Monoprix Cnit La Défense. Demain sur notre département des Hauts de Seine c’est le groupe Louvres Hôtels qui gère les enseignes 1ère Classe et Campanile qui annonce un PSE de grande ampleur. J’ai une pensée toute particulière pour les femmes de chambres de Suresnes, qui ont mené une grève exemplaire sur 2024 et 2025 pour dénoncer leurs conditions de travail et qui elles aussi elles aussi vont subir les affres d’un PSE et qui risquent fort de se retrouver sans emploi. Nous dénonçons aussi la répression syndicale qui s’abat sur nos camarades de Géodis, avec deux élus qui ont été convoqués par la direction car ils ont osé dénoncé les conditions de travail dégradées.

La CGT 92 refuse que des décisions aux conséquences sociales lourdes soient prises en haut, dans des beaux bureaux de direction, sans prendre en compte les réalités du tissu local et sans se soucier du devenir des salarié ·es.

La CGT 92 restera mobilisée et attentive au sort des salarié.·es concerné·es sur son territoire et continuera à se battre pour préserver les emplois. La CGT 92 dénoncera sans relâche toutes les régressions sociales subies par les travailleuses et travailleurs.

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