Le 28 mai, Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, rappelle une réalité insupportable : en France, des milliers de femmes n’ont pas accès à des protections périodiques dignes. En cause : des inégalités persistantes de salaires, d’emploi et de conditions de vie. La CGT exige des mesures fortes pour garantir la gratuité de ces produits essentiels et lutter contre la précarité qui frappe les femmes de plein fouet. Les règles sont encore un tabou et ont un impact sur le travail. La CGT revendique un congé de santé hormonale sur tous les lieux de travail.
L’UD CGT 92 met à disposition de ses syndicats une motion « En finir avec le coût et le tabou des règles ! » pour les instances représentatives qui peut également servir de base pour un courrier à l’employeur ou un message aux salarié∙es.
L’UD CGT 92 met également à disposition dans ses locaux des protections périodiques pour les camarades, stagiaires, salariées, privées d’emploi, travailleuses sans papier.
La précarité menstruelle touche 1 femme sur 3
L’achat de serviettes, tampons, anti-douleurs s’élève entre 10 à 50 euros par mois. Une dépense qui peut être colossale lorsque le budget est limité.
Le coût des règles ne s’arrête pas à l’achat des protections périodiques qui représentent déjà en soit un énorme budget. On compte aussi tous les à coté : les consultations médicales, les médicaments, les draps et autres vêtements à racheter…
Plusieurs estimations comparent ce coût moyen à celui d’une voiture, neuve ou d’occasion en fonction des calculs. En France, un rapport publié par l’Assemblée nationale estime entre 8.000 à 23.000 euros le budget alloué aux règles par une femme tout au long de sa vie (dont 11 400 protections sur l’ensemble d’une vie).
En France en 2024 : 1 femme sur 3 est confrontée à la précarité menstruelle, notamment chez les jeunes. 4 millions de femmes manquent de protections périodiques.
- 86 % des personnes se disant concernées par la précarité menstruelle pensent que leur situation ne va pas s’améliorer, principalement en raison de l’inflation.
- 14 % des personnes qui n’y sont pas encore confrontées estiment qu’elles pourraient y basculer dans l’année à venir.
- 44 % des jeunes femmes de moins de 25 ans menstruées connaissent des difficultés à se fournir en protections.
- 330 000 jeunes femmes n’ont régulièrement pas accès aux protections périodiques dont elles ont besoin.
- 11 % des femmes interrogées indiquent devoir parfois utiliser des produits de substitution faute de pouvoir s’acheter tampons et autres serviettes.
Le 28 mai, Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, permet de mettre en lumière les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes et l’urgence d’agir pour une société plus juste.
À l’école, au travail, dans la société : la majorité des personnes en situation de précarité sont des femmes
Les femmes sont les plus touchées par la précarité professionnelle et leur pouvoir d’achat est encore affaibli par des salaires inférieurs de 22% en moyenne à ceux des hommes. Les réformes anti-sociales menées ces dernières années (loi travail, assurance chômage…) ont précarisé les femmes dans tous les pans de leur vie. En France, les femmes représentent :
- 53 % des personnes pauvres,
- 54 % des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA),
- 72 % des bénéficiaires des aides alimentaires.
- 80% des temps partiels
- 85% des familles monoparentales.
Lever le tabou
Un·e Français·e sur deux pense encore que les règles sont taboues. Pourtant les conséquences sont bien réelles :
- précarité menstruelle,
- méconnaissances (sur son corps, sur le fonctionnement des règles…),
- errance médicale,
- traitements inadaptés,
- discriminations,
- humiliations…
Ce tabou se renforce encore plus à l’école, où un tiers des jeunes ont déjà subi des humiliations, ou sur le lieu de travail où il est quasiment impossible de trouver des protections périodiques alors même que les règles sont par nature difficilement prévisibles. 30 % des femmes ont déjà manqué le travail à cause de leurs règles.
Égalité femmes-hommes : une politique ambitieuse
Il est indispensable d’avoir une vraie politique pour sortir de la précarité les femmes et garantir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes à l’école, au travail, dans la société et dans la vie.
- la gratuité des protections hygiéniques et leur mise à disposition gratuite sur les lieux d’étude, de travail et de vie, (distributeurs de protections périodiques gratuites dans les sanitaires).
- L’accès à des cabines de toilette individuelles, propres et accessibles, comprenant lavabo, savon et essuie-main.
- la création d’un droit à congé de santé hormonale :
Instauration d’un droit : pour avoir le pouvoir et la légitimité de s’arrêter quand les règles sont trop douloureuses, ou que la ménopause est handicapante, etc.
Un forfait de 24 jours par an de congés exceptionnel, qui peut être pris à tout moment de l’année, sectionnable. Les femmes peuvent rencontrer des incapacités temporaires de travail liées à leur santé hormonale, de façon périodique et provisoire et qui ne relève pas d’une pathologie médicale, mais bien du fait d’être une femme.
- le dépistage par la Médecine du travail, de maladies telles que l’endométriose et la reconnaissance de cette maladie comme un handicap et une affection longue durée; et la prise en charge de ces maladies,
- la suppression des jours de carence pour toutes et tous,
- l’égalité salariale réelle : augmentation du SMIC à 2200 €, revalorisation des métiers à prédominance féminine, reconnaissance des carrières, fin des temps partiels subis.
Pour aller plus loin Les revendications de la CGT pour la santé des femmes au travail | CGT