À la SECAN, il aura fallu 17 jours de grève pour rappeler une vérité fondamentale : sans les salarié·es, il n’y a ni production, ni chiffre d’affaires, ni avenir pour l’entreprise.

Ce conflit, déclenché dans le cadre des NAO 2026, est le résultat direct d’un mépris persistant de la direction, incapable d’entendre le malaise social et les revendications des travailleur·ses qui ne peuvent plus assumer année après année, les conditions financières intenables qu’exigent nos grands donneurs d’ordre du sous-traitant que nous sommes.
Dès l’ouverture des négociations, la direction a imposé des propositions provocatrices: fermetures obligatoires massives, remise en cause des RTT, absence totale de reconnaissance, et une enveloppe figée à 1 %, sans aucun lien avec l’inflation ni les efforts consentis par les salarié·es depuis des années. Pire encore, elle a tenté de déplacer le débat, attaquant les représentants syndicaux plutôt que de répondre sur le fond, allant jusqu’à frôler l’entrave au dialogue social.
Face à ces méthodes indignes, les salarié·es, en grande majorité dans les ateliers de production, sont entré·es massivement en grève le 19 décembre 2025. Une mobilisation forte, déterminante, qui s’est appuyée sur les revendications légitimes de la CGT mais aussi sur le grand malaise social et la désorganisation de l’entreprise. Dès le début, les grévistes sont restés uni·es, responsables et ouvert·es à la négociation, contrairement à la direction.
La CGT Secan a fait la démonstration de son sens des responsabilités en faisant évoluer ses revendications, sans jamais renoncer à l’essentiel : des salaires dignes, des conditions de travail décentes et la reconnaissance du travail. En face, la direction est restée sourde, préférant les manœuvres et les pressions plutôt qu’un véritable dialogue, espérant que le mouvement s’essouffle au détriment de l’entreprise.
C’est finalement le rapport de force, construit jour après jour par la solidarité des grévistes et leur détermination sans faille alors que la perspective de perdre un mois de salaire approchait, associé à la pression des clients, qui a contraint la direction à revoir sa position et à sortir de l’impasse. Cette issue marque une victoire syndicale et collective, obtenue par la lutte, et non par la résignation.
La CGT Secan a obtenu
- une augmentation fixe pour chaque salarié·e de 160€ brut mensuel, ce qui permet de mieux récompenser les petits salaires que les trop rependus pourcentages qui creusent chaque année les inégalités.
- Diminution des jours de fermeture (de 17 à 11) pour ne pas trop pénaliser ceux qui n’ont que 25 jours de congés payés.
- Et enfin, le paiement de 13 des 17 jours de grèves minimum pour chaque salarié·e par la direction. La caisse de grève compensant environ 50% des jours restant, c’est une grande victoire.
Ce conflit envoie un message clair : les salarié·es ne sont ni une variable d’ajustement, ni un coût à comprimer mais la seule valeur ajoutée de l’entreprise. La CGT Secan restera pleinement mobilisée pour que les engagements pris soient tenus et pour imposer de véritables changements.
À la SECAN, comme ailleurs, le rapport de force est la seule arme des travailleur·ses.
Les salarié·es de SECAN Gennevilliers ont toujours besoin de notre solidarité.